PATRICK BRUEL

 

 


MARRE DE CETTE NANA LA

Pleure pas, pleure pas, pleure pas.
Toutes les nanas n' sont pas comme ça...

Pardonnez-moi si j'arrive un peu en r'tard
Mais ma maman n' voulait pas que j' sorte ce soir.
Elle m' fait toujours, quand j' viens vous voir,
Mon cher amour, toute une histoire.

Des aventures, j' peux dire qu' j'en ai eu des tonnes,
Mais celle-ci dure depuis trois mois et ça m'étonne
Car l'amour m'est v'nu par hasard
Quand j' suis monté dans sa jaguar.

Méfie toi de cette nana-là...
Toi de cett' nana.
Chaque fois qu'on tourne le dos,
Tu retombes dans l' mélo,
Mélo, mélo, mélo, mélo.

Elle a beaucoup insisté pour que je m' fasse
Percer l'oreille pour qu'elle puisse m'offrir un diam's.
Maintenant, je m' fais traiter d' pédé
Pour faire plaisir à ma poupée.

Pour les vacances elle veut qu'on aille à Saint-Trop'
Chez des amis qui paraît-il sont très pop.
Non seulement j'ai plus un copain,
Mais en plus faut qu' j' me fasse les siens.

J'en ai marre de cette nana-là,
Marre de cette nana.
J'étais bien mieux avant,
Câliné par maman,
Tout l' temps, tout l' temps, tout l' temps, tout l' temps.

Il en a marre de cette nana-là,
Marre de cette nana.
T'étais bien mieux avant,
Câliné par maman,
Tout l' temps, tout l' temps, tout l' temps, tout l' temps.

J'en ai marre de cette nana-là,
Marre de cette nana.
J'étais bien mieux avant,
Câliné par maman,
Tout l' temps, tout l' temps, tout l' temps, tout l' temps.

Pleure pas, pleure pas, pleure pas.
Toutes les nanas n' sont pas comme ça.
J' pleure pas, j' pleure pas, j' pleure pas.
Pourvu qu'elles soient pas toutes comme ça...

Un jour, j'ai dit : "C'est fini maintenant je m' casse !"
A peine parti, j'avais d'jà les flics sur mes traces.
Elle leur a dit qu' j'avais volé
Le diam's de mon oreille percée.

J' me suis fait prendre en traversant la frontière.
Procès, jugement, trois mois ferme, j' suis sorti hier.
Elle m'attendait dans sa jaguar.
L'amour m'est rev'nu par hasard.

Marre de cette nana-là,
Marre de cette nana.
On t'avais bien prév'nu
Mais tu nous as pas crus.
Salut, salut, salut, salut...

Il en a marre de cette nana-là,
Marre de cette nana.
On t'avait bien prév'nu
Mais tu nous as pas crus.
Salut, salut, salut, salut,..

Il en a marre de cette nana-là
Marre de cette nana...
On t'avait bien prév'nu
Marre de cette nana...
Mais tu nous as pas crus
Salut, salut, salut, salut..
Marre de cette nana, marre, marre, marre...

 

MÊME SI ON EST FOU

Arrête de m'fatiguer !
Arrête de toujours vouloir nous freiner !
Arrête tu m'fais pitié !
On a rien fait et t'es déjà fatigué !

Arrête de trembler comme un lierre
De r'sembler à ton père,
De nous faire la morale
Les autres, les autres y font c'qu'ils veulent
Tant pis si on s'casse la gueule !
Tant pis si on s'fait mal !

Même si on est fou
On s'en fout !
Y aura toujours des fous
Pour dire qu'les fous c'est nous
Même si on a tort
On attendra d'être mort
Pour y penser
Mais j'suis sûr d'y croire encore !

Arrête de m'répéter
Qu'le monde a 2000 ans
Qu'on changera rien maintenant
Arrête tu sais bien qu't'es comme moi
T'as envie des mêmes choses
Mais seulement tu l'dis pas
Arrête ! Y en a des tas comme nous
Qui veulent pas vivre à genoux
Pour rester dans leur trou
D'accord, le monde a 2000 ans
Mais il a plein d'enfants
Alors qu'est-ce que t'attends !

Même si on est fou
On s'en fout !
Y aura toujours des fous
Pour dire qu'les fous c'est nous
Même si on a tort
On attendra d'être mort
Pour y penser
Mais j'suis sûr d'y croire encore !

Les autres, les autres y font c'qui veulent
Tant pis si on s'casse la gueule
Tant pis si on s'fait mal

Même si on est fou
On s'en fout !
Y aura toujours des fous
Pour dire qu'les fous c'est nous
Même si on a tort
On attendra d'être mort
Pour y penser
Mais j'suis sûr d'y croire encore !

 

CASSER LA VOIX

Si ce soir, j'ai pas envie d'rentrer tout seul
Si ce soir, j'ai pas envie d'rentrer chez moi
Si ce soir, j'ai pas envie d'fermer ma gueule
Si ce soir, j'ai pas envie d'me casser la voix

Casser la voix, Casser la voix
Casser la voix, Casser la voix

J'peux plus croire, tout c'qui est marqué sur les murs
J'peux plus voir, la vie des autres même en peinture
J'suis là pour les sourire d'après minuit
M'en veux pas, si ce soir j'ai envie

D'm' casser la voix, Casser la voix
Casser la voix, Casser la voix

Les amis qui s'en vont
Et les autres qui restent
Se faire prendre pour un con
Par des gens qu'on déteste
Les rendez-vous manqués
Et le temps qui se perd
Entre des jeunes usés
Et des vieux qui espèrent
Et ces flashes qui aveuglent à la télé chaque jour
Et les salauds qui beuglent la couleur de l'amour
Et les journaux qui traînent, comme je traîne mon ennui
La peur qui est la mienne, quand je m' réveille la nuit

Casser la voix, Casser la voix
Casser la voix, Casser la voix

Et les filles de la nuit
Qu'on voit jamais le jour
Et qu'on couche dans son lit
En appelant ça de l'amour !
Et les souvenirs honteux
Qu'on oublie d'vant sa glace
En s'disant j'suis dégueu !
Mais j'suis pas dégueulasse !
Doucement les rêves qui coulent
Sous l'regard des parents
Et les larmes qui roulent
Sur les joues des enfants
Et les chansons qui viennent
Comme des cris dans la gorge
Envie d'crier sa haine
Comme un chat qu'on égorge

Casser la voix, Casser la voix
Casser la voix, Casser la voix

Si ce soir, j'ai pas envie d'rentrer tout seul
Si ce soir, j'ai pas envie d'rentrer chez moi
Si ce soir, j'ai pas envie d'fermer ma gueule
Si ce soir, j'ai pas envie d'me casser la voix

Casser la voix

 

DÉCALÉ

Mais uma cançào pra vocé
Pra te dizer que estare sempre aqui
Que o tempo pode passar
As em embranças vas ficar
Vas cantaremos mas uma vez ...
Saudades...

Elle était coincés là depuis trois ou quatre mois
Une sale histoire, je crois
Elle aurait bien craqué pour une histoire d'amour

En échange d'un billet de retour
Elle jouait au poker avec deux, trois dockers
Dans un café de Belem
Elle m'cherchait du regard comme 'il était trop tard
Comme si personne voulait rien voir

Décalé, isso nàos fas mal
Décalé eu tambem toma, décalé moin

Dans ce vieux piano bar, elle chantais tous le soirs
Ici tout le monde l'appelait : "la star"
Elle m'a raconté son histoire, mytho ascendants bobards
mais moi, j'faisais semblant d'y croire
Elle avait si souvent dû laisser sa tendresse
A de mauvaises adresses
Elle ne regrettais rien, elle le criait si bien
Rien de rien

Décalé, isso nàos fas mal
Décalé eu tambem toma, décalé moin

Les verres de cachaça nous donnaient du courage
On faisait les malins pour pas rester trop sage
A l'aube on s'est perdu, je l'ai jamais revue
Je l'ai jamais revue...

Décalé, isso nàos fas mal
Décalé eu tambem toma, décalé moin

Mais uma cançào pra vocé
Pra te dizer que estare sempre aqui
Que o tempo pode passar
As em embranças vas ficar
Vas cantaremos mas uma vez

 

FLASH BACK

14 mai 59
J'brise la coquille de mon oeuf
Tout va bien, tout va mal
Pour l'instant, ça m'est égal
On m'dorlotte, on m'tripotte
On m'enbrasse, on m'agace
C'est tout le portrait d'son papa
Mais qui c'est papa, j'connais pas !

Back back, flash back ! (x3)

14 mai 72
J'ai 13 ans, j'ai le blues
J'comprends pas bien tout c'qu'on m'veux
Mais j'dis rien et j'baisse les yeux
Terminale cultivée, j'quitte le bal des culturés
Encore un petit tour en fac
Mais là j'ai l'déclic, j'prends mes clacs !

Back back, flash back ! (x3)

14 mai 84
Le show bizz, c'est super !
C'est comme partout, faut un peu s'battre
Y a des cons mais y a des frères
Les années 80 c'est bien!
J'ai eu d'la chance, j'ai pu monter dans le train
Dans ces cas là, on pense qu'à soi
Alors je fonce, je fonce mais j'oublie pas !

Back back, flash back ! (x3)

Tu vois si on s'raconte tous notre vie,
C'set qu'on croit que c'est pas la même que celle des autres
On s'réveille un jour et on s'dit qu'on court tous vers la même histoire,
Qu'on court tous vers la même histoire d'amour

14 mai 3002
Au paradis, j'suis heureux !
J'ai rien à faire que des chansons
J'les joue à Dieu
Y trouve ça bon
Mais certains soir, les anges et moi
Quand on a le blues, on regarde en bas
Et près du vieux piano de Lennon
On joue pour vous et y paraît que ça sonne

Back back, flash back ! (x3)

 

ALORS REGARDE

Le sommeil veut pas d' moi, tu rêves depuis longtemps
Sur la télé la neige a envahi l'écran
J'ai vu les hommes qui courent, une terre qui recule
Des appels au secours, des enfants qu'on bouscule

Tu dis qu' c'est pas mon rôle de parler de tout ça
Qu'avant de prendre la parole il faut aller là-bas
Tu dis qu' c'est trop facile, tu dis qu' ça sert à rien
Mais c' t' encore plus facile de ne parler de rien

Alors regarde, regarde un peu...
Je vais pas me taire parce que t'as mal aux yeux
Alors regarde, regarde un peu...
Tu verras tout ce qu'on peut faire si on est deux

Perdue dans tes nuances, la conscience au repos
Pendant qu' le monde avance, tu trouves pas bien tes mots
T'hésites entre tout dire et un drôle de silence
T'as du mal à partir, alors tu joues l'innocence

Alors regarde, regarde un peu...
Je vais pas me taire parce que t'as mal aux yeux
Alors regarde, regarde un peu...
Tu verras tout ce qu'on peut faire si on est deux

Dans ma tête une musique vient plaquer ces images
Sur des rythmes d'Afrique mais j' vois pas l' paysage
Encore des hommes qui courent, une terre qui recule
Des appels au secours, des enfants qu'on bouscule
Alors regarde, regarde un peu...
Je vais pas me taire parce que t'as mal aux yeux
Alors regarde, regarde un peu...
Tu verras tout ce qu'on peut faire si on est deux

Alors regarde ......

 

J' TE L' DIS QUAND MÊME

On aurait pu se dire tout ça
Ailleurs qu'au café d'en bas
Que t'allais peut-être partir
Et p' têt' même pas revenir
Mais en tout c' qui est sûr
C'est qu'on pouvait en rire

Alors on va s' quitter comme ça
Comme des cons devant le café d'en bas
Comme dans des séries B, on est tout les deux mauvais
On s'est moqué tellement d' fois, des gens qui faisaient ça

Mais j' trouve pas de refrain à notre histoire
Tous les mots qui me viennent sont dérisoires
J' sais bien qu' j' l'ai trop dis
Mais j' te le dis quand même... Je t'aime

J' voulais quand même te dire merci
Pour tout le mal qu'on s'est pas dit
Certains rigolent déjà, je m'en fous, J' les aimais pas !
On avait l'air trop bien, y'en a qui supportent pas !

Mais j' trouve pas de refrain à notre histoire
Tous les mots qui me viennent sont dérisoires
J' sais bien qu' j' l'ai trop dis
Mais j' te le dis quand même... Je t'aime

 

PLACE DES GRANDS HOMMES

On s'était dit rendez-vous dans 10 ans
Même jour, même heure, même pommes
On verra quand on aura 30 ans
Sur les marches de la place des grands hommes

Le jour et venu et moi aussi
Mais je ne veux pas être le premier
Si on avait plus rien à se dire et si et si...
Je fais des détours dans le quartier
C'est fou qu'un crépuscule qu'il y a 10 ans
Trottoirs usés par les regards baissés
Qu'est-ce que j'ai fais de ces années ?
J'ai pas flotté tranquille sur l'eau ?
Je n'ai pas nagé le vent dans le dos
Dernière ligne droite, le rue Soufflot
Combien seront là, 4, 3, 2, 1...0 ?

On s'était dit rendez-vous dans 10 ans
Même jour, même heure, même pommes
On verra quand on aura 30 ans
Sur les marches de la place des grands hommes

J'avais si souvent eu envie d'elle
La belle Séverine me regardera-t-elle ?
Eric voulait explorer le subconscient
Remonte-t-il à la surface de temps en temps...
J'ai un peu peur de traverser l' miroir,
Si j'y allais pas... j' me serais trompé d'un soir
Devant une vitrine d'antiquité,
J'imagine les retrouvailles de l'amitié
"T'as pas changé, qu'est-ce que tu deviens ?
Tu t'es mariée, t'as trois gamins
T'as réussi, tu fais médecin
Et toi Pascale, tu t' marre toujours pour rien ?"

On s'était dit rendez-vous dans 10 ans
Même jour, même heure, même pommes
On verra quand on aura 30 ans
Sur les marches de la place des grands hommes

J'ai connu des marées hautes et des marées basses
Comme vous, comme vous, comme vous
J'ai rencontré des tempêtes et des bourrasques
Comme vous, comme vous, comme vous
Chaque amour morte a une nouvelle , a fait place
Et vous, et vous...et vous
Et toi Marco qui ambitionnait simplement d'être heureux dans la vie
As-tu réussi ton pari !
Et toi François, et toi Laurence, et toi Marion,
Et toi Bruno... et toi Gégé, et toi Évelyne
Et bien c'est formidable les copains !
On s'est tout dit, on s' sert la main !
On ne peut pas mettre 10 ans sur table
Comme on étale ses lettres au scrabble

Dans la vitrine, je vois le reflet
D'une lycéenne derrière moi
Si elle part à gauche , je la suivrai
Si c'est à droite...attendez-moi !
Attendez-moi ! Attendez-moi ! Attendez-moi !

On s'était dit rendez-vous dans 10 ans
Même jour, même heure, même pommes
On verra quand on aura 30 ans
Si on est dev'nus des grands hommes

 

LA FILLE DE L'AÉROPORT

Assis en salle d'embarquement
Ca fait deux heures que j' fais semblant
D' lire un bouquin, j'suis incapable
De vous dire même de quoi ça parle

La fille assise en face de moi
Prends un air détaché je crois
P' têt' même qu'elle prend le même avion qu' moi
P' têt' même qu'elle va dans la même ville que moi
La fille, fille, fille de l'aéroport
Cette fille, fille, fille, j'y pense encore

Attention v' le qu'on appelle un avion, p' têt le sien
Pourvu qu'elle se lève pas, j'ferme les yeux, j'dis plus rien
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, j'ouvres les yeux
Elle n'a pas bougé, v'là qu'elle me fixe, c'est tout bleu

Qu'est-ce que je peux faire bon dieu pour m'donner une contenance
Tiens, si j'prenais un stylo pour écrire tout c'que je pense
J'aurais l'air d'un poète et p'têt qu'elle aimerait ça
Et même si c'est nul j'm'en fous, elle la lira pas !

La fille, fille, fille de l'aéroport
Cette fille, fille, fille, j'y pense encore

Y a des phrases dans la vieque l'on oublie jamais
Pour moi ce sera "le vol pour Kingston, Porte B"
Elle s'est levée avec son sac rose sur l'épaule
Et a regardé tout autour d'elle dans le hall,

Elle m'aurait pas souri je crois que j'm'en s'rais sorti
En plus genre de p'tit sourire qui dit "c'est la vie !"
Quand elle a disparu derrière le grand panneau bleu
Il ne me restait plus que l'souvenir de ses yeux

La fille, fille, fille de l'aéroport
Cette fille, fille, fille, j'y pense encore

Il faut quand même que j' vous raconte la fin de mon histoire
Elle avait disparu, elle s'promenait dans ma mémoire
Quand l'hôtesse m'a demandé mon carton d'embarquement
Moi, sans réfléchir, j'l'ai tendu machinalement

C'est une fois dans l'avion pensant toujours au sac rose
Que je me suis aperçu qu'il m' manquait le petit carton rose
Sur lequel j'avais écris, sans doute, ma plus belle oeuvre
Résultat, plus de fille et plus de trace du chef d'œuvre

La fille, fille, fille de l'aéroport
Cette fille, fille, fille, j'y pense encore (x4)

Hôtesse de l'air : "Le chanteur remercie l'hôtesse de l'air
d'avoir bien voulu renvoyer le carton d'embarquement
pour que la chanson puisse exister."

La fille, fille, fille de l'aéroport
Cette fille, fille, fille, j'y pense encore

 

DORS

Shampoing qui pique dans les yeux
Une main qui traîne dans mes cheveux
Pas eu le temps de faire mes devoirs
Ni envie de dormir seul ce soir

Pas fermer la porte à clé
Juste entr'ouvrir les volets
Comme toi j'avais peur la nuit
Bandits cachés sous mon lit

Les histoires pour t'endormir
Ca m'a jamais fait dormir
Les batailles de polochons
J'ai toujours trouvé ça con

Dors, dors, mais ne ferme pas les yeux
Même quand le doute est l' plus fort
Faut pas glisser, tenir encore
Dors, dors, mais ne ferme pas les yeux
En chacun d'nous y'a d' la lumière
A toi d' savoir c'qu'il faut en faire

A toi qui vient juste derrière
J'voudrais crier c'qui faut faire
Mets pas tes pieds là, ça fait mal
C'est pas vrai que tous les hommes se valent

Les bras trop courts pour embrasser
Mais bien assez longs pour cogner
J'en ai vu qui priaient peinard
Mais qui tournaient tout le temps le regard

 

ELLE M'REGARDAIT COMME CA

Elle avait un blouson trois fois trop grand pour elle
Un pantalon qui n'pouvait pas tenir sans bretelles
Elle avait dans ces yeux ce p'tit air qui agace
Tous les gens bien pensants, bien assis, bien en place,
Elle disait tout ce qu'elle pense
Sans penser ce qu'elle disait
Elle jouait avec sa chance
Temps en temps elle trichait

Elle me regardait comme ça
Elle me regardait comme ça
Elle me regardait comme ça
Le monde n'existait pas
Elle me regardait comme ça
Et moi je restais comme ça
Elle me regardait comme ça
Ca voulait dire que je suis là
Moi j'comprenais p'têt' pas !

Elle a mis dans ma vie tellement de choses qui manquaient
Des fenêtres à mes nuits, des bateaux sur le quai
Elle avait qu'un défaut, c'était d'voir tous les miens
Chaque fois que j'en faisais trop, d'un petit sourire en coin
Elle cherchait dans mes yeux
Des réponses, des questions
Ca me rendait malheureux
Je disais oui, je disais non !

Elle me regardait comme ça (x3)

Le monde n'existait pas
Elle me regardait comme ça
Et moi je restais comme ça
Elle me regardait comme ça
Ca voulait dire que je suis là
J'comprenais toujours pas !

Elle est partie un jour, elle a quitté les bals
Dans ce monde en mal d'amour, elle respirait trop mal
Elle avait pas eu le temps
D'attendre trop longtemps
Et puis les princes charmants
Parfois prennent tout leur temps
Pas besoin d'être en cage pour se croire en prison
P'têt' que j'étais trop sage
P'têt' que j'étais trop con

Elle me regardait comme ça (x3)

Le monde n'existait pas
Elle me regardait comme ça
Et moi je restais comme ça
Elle me regardait comme ça
Ca voulait dire que je suis là

Elle avait un blouson trois fois trop grand pour elle
Un pantalon qui n'pouvait pas tenir sans bretelles
Elle avait dans ces yeux ce p'tit air qui agace
Tous les gens bien pensants, bien assis, bien en place,

Elle me regardait comme ça (x3)

 

QUI A LE DROIT ?

On m'avait dit : "Te poses pas trop de questions.
Tu sais petit, c'est la vie qui t' répond.
A quoi ça sert de vouloir tout savoir ?
Regarde en l'air et voit c' que tu peux voir."

On m'avait dit : "Faut écouter son père."
Le mien a rien dit, quand il s'est fait la paire.
Maman m'a dit : "T'es trop p'tit pour comprendre."
Et j'ai grandi avec une place à prendre.

Qui a le droit, qui a le droit,
Qui a le droit d' faire ça
A un enfant qui croit vraiment
C' que disent les grands ?

On passe sa vie à dire merci,
Merci à qui, à quoi ?
A faire la pluie et le beau temps
Pour des enfants à qui l'on ment.

On m'avait dit que les hommes sont tous pareils.
Y a plusieurs dieux, mais y' a qu'un seul soleil.
Oui mais, l' soleil il brille ou bien il brûle.
Tu meurs de soif ou bien tu bois des bulles.

A toi aussi, j' suis sur qu'on t'en a dit,
De belles histoires, tu parles... que des conneries !
Alors maintenant, on s' retrouve sur la route,
Avec nos peurs, nos angoisses et nos doutes.

Qui a le droit, qui a le droit
Qui a le droit d' faire ça
A un enfant qui croit vraiment
C' que disent les grands ?

On passe sa vie à dire merci,
Merci à qui, à quoi ?
A faire la pluie et le beau temps
Pour des enfants à qui l'on ment.

 

J'TE MENTIRAIS

J'te mentirais
Si j'te disais qu' j'y ai pas pensé 
Si j'te disais qu' j'ai pas voulu 
Retenir le nom de sa rue 
Si j'te disais, 
Mon amour, que j'ai rien senti,
Rien entendu de ces non-dits 
Qu'à ses silences, j'ai pas souri 
J'te mentirais
J'te mentirais

Vite, je tombe 
Est-ce que tu m' regarderas ?
Est-ce que tu seras en bas 
Pour m'emmener là où je n' sais pas 
Là où je n' vais pas ?
Alors, vite, je tombe
Comme un pantin sans fil 
Trop libre et trop fragile 
Je cherche ta main dans les nuages 
Pour chasser son image 

J'te mentirais
Si j'te disais au fond des yeux 
Que tes larmes ont tort de couler 
Que cette fille ne fait que passer 
J'te mentirais 
Et pourtant moi, j' me suis menti 
De nous croire tellement à l'abri 
De nous voir plus fort que la vie 
Mais ces choses-là 
On ne les sait pas 

Vite, je tombe 
Est-ce que tu seras en bas ?
Est-ce que tu m'attendras 
Pour m'emmener là où je n' sais pas,
Pour me ramener vers toi ?
Alors, vite, je tombe 
Comme un pantin sans fil 
Notre histoire qui défile 
Je cherche ta main dans les nuages
Pour pas tourner la page 

J'te mentirais 
Mais à qui d'autre pourrais-je le dire 
Sans cette fois vraiment te trahir ?
Le silence est parfois pire 

Vite, je tombe 
Est-ce que tu seras en bas ?
Est-ce que tu m'ramasseras 
Pour m'emmener là où je n' sais pas, 
Pour me rammener vers toi ?
Alors, vite, je tombe 
Comme un oiseau voleur 
Touché là, en plein coeur 
Et qui se demande encore pourquoi 
Il est passé par là.

 

POUR LA VIE

On est partis, c'était fin juin
S'est embrassés, serré la main
Un pour tous et tous pour un
Et puis chacun a pris son train

On avait tous aussi peur
On s'est juré la main sur l' coeur
Qu'on s' reverrait avant 10 ans
On s'est revus et maintenant

De temps en temps, on s'invite
Même si, souvent, on s'évite
On s' dit, bien sûr, j' m'en souviens
Mais on s' rappelle de moins en moins

Ca n' nous a pas rendus amers
On sait bien qu'on n' peut rien y faire

C'est la vie, c'est la vie
C'est la vie qui nous change
Et qui dérange
Toutes nos grandes idées sur tout

C'est la vie, c'est la vie
C'est la vie qui décide
Et qui nous file des rides
Au coin des yeux et du coeur

A quoi ça sert d'aller contre
On perd son temps
Et quand on r'garde à nos montres
Tout à coup, on comprend

Y'en a qui ont fait des enfants
Y'en a d'autres qui ont dit: "J'attends"
On a tous aimé des femmes
On s'est tous trouvé du charme

On est tous dev'nu quelqu'un
Dans son quartier ou plus loin
Bien sûr, on s'est perdus d' vue
Mais on n'appellait pas ça "perdu"

On traités d' tous les noms
On s'est tombés dans les bras
On a pas osé dire "non"
On a dit "oui" quand fallait pas

Ca n' nous a pas empêché
De continuer à s'aimer

Pour la vie, pour la vie
Pour la vie qui nous change
Et qui dérange
Toutes nos p'tites idées sur tout

Pour la vie, pour la vie
Pour la vie qui décide
Et qui nous file des rides
Au coin des yeux et du coeur

Pas besoin de faire semblant
Ca sert à rien
Chaque jour qui passe on apprend
Qu'on peut jouer sans être comédien

A quoi ça sert d'aller contre
Ca sert à rien
Chaque jour qui passe, on apprend
Qu'on suit tous le même chemin

 

AU CAFÉ DES DÉLICES

Tes souvenirs se voilent
Ca fait comme une éclipse
Une nuit pleine d'étoiles
Sur le port de Tunis
Le vent de l'éventail
De ton grand-père assis
Au Café des Délices

Tes souvenirs se voilent
Tu vois passer le tram
Et la blancheur des voiles
Des femmes tenant un fils
Et l'odeur du jasmin
Qu'il tenait dans ses mains
Au Café des Délices

Yalil yalil abibi yalil, yalil yalil abibi yalil
Yalil yalil abibi yalil, yalil yalil abibi yalil

Tes souvenirs se voilent
Tu la revois, la fille
Le baiser qui fait mal
A Port El Kantaoui
Les premiers mots d'amour
Sur des chansons velours

Tes souvenirs se voilent
Tu les aimais ces fruits
Les noyaux d'abricots
Pour toi, c'étaient des billes
Et les soirées de fête
Qu'on faisait dans nos têtes
Aux plages d'Hammamet

Yalil yalil abibi yalil, yalil yalil abibi yalil
Yalil yalil abibi yalil, yalil yalil abibi yalil
Yalil yalil abibi yalil, yalil yalil abibi yalil
Yalil yalil abibi yalil, yalil yalil abibi yalil

Tes souvenirs se voilent
A l'avant du bateau
Et ce quai qui s'éloigne
Vers un monde nouveau
Une vie qui s'arrête
Pour un jour qui commence
C'est peut-être une chance

Yalil yalil
Tu n'oublieras pas
Yalil yalil
Ces parfums d'autrefois
Yalil yalil
Tu n'oublieras pas
Yalil yalil
Même si tu t'en vas

Yalil yalil abibi yalil, yalil yalil abibi yalil
Yalil yalil abibi yalil, yalil yalil abibi yalil
Yalil yalil abibi yalil, yalil yalil abibi yalil

Yalil yalil
Une nuit plein d'étoiles
Sur le port de Tunis
Et la blancheur des voiles
Des femmes tenant un fils
Le vent de l'éventail
De ton grand-père assis
Et l'odeur du jasmin
Qu'il tenait dans ses mains
Au Café des Délices

abibi yalil, yalil yalil abibi yalil
Yalil yalil abibi yalil,
yalil yalil abibi yalil
Au Café des délices
abibi yalil, yalil yalil abibi yalil
Au Café des Délices
abibi yalil, yalil yalil abibi yalil
Yalil yalil abibi yalil, yalil yalil abibi yalil

 

TOUT S'EFFACE

Je vais t'attendre au coin de la rue
A l'heure où les lumières s'éteignent
Quand tu auras trop dansé, trop bu
A l'heure où ne restera plus
Que mon bras pour poser ta tête
On partira ensemble une fois de plus
Tu m'embrasseras comme je déteste
Avec cette tendresse que tu mets si bien
Entre toi et moi
Bien sur que le temps a passé
Et notre histoire est terminée
Peut-être mais peut-être pas pour moi

Même si je sais que tout s'efface
Tu restes là et rien ne passe
Tu m'aimes bien je t'aime tout court
La différence s'appelle l'amour

Trois tours de périf fenêtres ouverte
On voit passé ce qu'on aurait pu être
Oui je t'en veux mais moins qu'à moi
Et puis pourquoi m'avoir rappeler
Pourquoi revenir me chercher
Pour te voir rire, pleurer sans moi
Tu veux pas de moi, tu veux pas me perdre
Alors ce choix, je le fais pour toi
C'est moi qui part

Même si je sais que tout s'efface
Tu restes là et rien ne passe
Tu m'aimes bien je t'aime tout court
La différence s'appelle l'amour

Même si je sais que tout s'efface
Tu le disais "chacun sa place"
Tu m'aimes bien je t'aime tout court
La différence s'appelle l'amour

Laisse moi venir de temps en temps
Laisse moi me dire c'est comme avant
Laisse moi partir même si je mens
Laisse moi me dire qu'avec le temps

Même si je sais... (x3)

 

TROIS ANS ET DEMI D'AMOUR

Elle, à sa fenêtre
Lui, assis au bord du lit
Elle pleure peut-être
Lui n'a pas compris

Elle a fait son sac dans un dernier sourire
Et rassemblé en vrac ses souvenirs
Elle sait que la nuit est lourde et qu'il est tard
Lui il sait qu'elle part ce soir

Elle emmène
Trois ans et demi d'amour et quelques semaines
Pas l'temps pour des discours mais pas de haine
On s'reverra un jour, ça vaut la peine

Lui, dans un ciné
Elle, saute dans un taxi
Lui, le coeur blessé
Elle commence sa vie

Il la revoit perdue la môme d'hier
Si belle elle qui croyait pas savoir plaire
Elle court glisser ses rêves dans d'autres nuits
Il se perd dans d'autres lits

Elle emmène
Trois ans et demi d'amour et quelques semaines
Dans chaque histoire qui passe et qui l'entraîne
Vers des matins qui n'en valent pas la peine

Il emmène
Trois ans et demi d'amour et quelques semaines
Qui s'accrochent à lui, qui se souviennent
Elle repassera un jour, ça vaut la peine

(Pont)

Lui, mange des cerises
Elle, a usé ses valises
Elle caresse un porte-clés vide, sourit peut-être
Il dort la porte ouverte

Elle emmène
Trois et demi d'amour mais qu'à cela n'tienne
Trois ans et demi ce matin qui reviennent
Dans un train pour Paris qui la ramène

Il l'emmène
Pour un peu plus d'amour et quelques semaines
Pas le temps pour des discours mais tout s'enchaîne
Vivre l'un sans l'autre ça valait pas la peine

Il l'emmène
Pour un peu plus d'amour et quelques semaines
Pas le temps pour des discours mais tout s'enchaîne
Vivre l'un sans l'autre ça valait pas la peine.

 

MON AMANT DE ST JEAN (Nouvelle version)

Je n’sais pourquoi elle allait danser à Saint-Jean au musette 
Mais quand ce gars lui a pris un baiser, elle frissonnait, était chipée. 
Comment ne pas perdre la tête, serrée par des bras audacieux,
Car on croit toujours, aux doux mots d’amour,
Quand ils sont dits avec les yeux.

Elle, qui l’aimait tant, elle le trouvais le plus beau de Saint-Jean
Elle restait grisée, sans volonté, sous ses baisers.

Sans plus réfléchir, elle lui donnait le meilleur de son être,
Beau parleur, chaque fois qu’il mentait, elle le savait mais elle l’aimait.
Comment ne pas perdre la tête, serrée par des bras audacieux,
Car on croit toujours, aux doux mots d’amour,
Quand ils sont dits avec les yeux.

Elle, qui l’aimait tant, elle le trouvais le plus beau de Saint-Jean
Elle restait grisée, sans volonté, sous ses baisers.

Mais hélas à St-Jean comm’ ailleurs, un serment n’est qu’un leurre,
Elle était folle de croir’ au bonheur et de vouloir garder son cœur.
Comment ne pas perdre la tête, serrée par des bras audacieux,
Car on croit toujours, aux doux mots d’amour,
Quand ils sont dits avec les yeux.

Elle, qui l’aimait tant, elle le trouvais le plus beau de Saint-Jean
Elle restait grisée, sans volonté, sous ses baisers.

Elle, qui l’aimait tant, elle le trouvais le plus beau de Saint-Jean
Il ne l’aime plus, c’est du passé, n’en parlons plus.
Il ne l’aime plus, c’est du passé, n’en parlons plus.